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Politique

Après Trappes, le racisme d'atmosphère n'est pas tombé du ciel

Selon Le Monde, le suspect de l'attentat du 23 octobre revendique un ancrage d'extrême droite. La question : qui fabrique le climat où ces idées prospèrent ?

Selon Le Monde, le suspect de l'attentat commis le vendredi 23 octobre à Trappes a reconnu son ancrage idéologique à l'extrême droite. Dans une tribune, le quotidien estime que cette famille politique impose ses thèmes dans la société française depuis de trop nombreuses années et installe une ambiance délétère, à six mois de l'élection présidentielle. Le dossier que nous avons sous les yeux est mince : rien sur le détail des faits, rien sur les victimes. Nous ne dirons donc rien d'elles, sinon que leur souffrance exige de la retenue, pas de l'exploitation. Ce qui suit est notre lecture, non un fait établi.

Il serait confortable de classer l'affaire dans la case de l'individu isolé, du « loup solitaire », de la pathologie personnelle. Ce serait commode pour tout le monde, sauf pour la vérité. Un geste criminel reste le geste d'un homme, et la justice dira ce qu'elle a à dire. Mais les idées qui le nourrissent, elles, circulent, et on peut demander d'où elles viennent et à qui elles profitent.

On parle d'un « racisme d'atmosphère » : pas un slogan hurlé sur une estrade, mais une rumeur de fond, un vocabulaire qui s'installe, des sujets qui reviennent chaque soir sur les plateaux. Les marxistes connaissent le mécanisme. Ceux qui possèdent les moyens de diffuser, journaux, chaînes, tribunes, tendent à faire passer pour du bon sens ce qui n'est qu'une vision partielle du monde. Le « bon sens » qui désigne l'étranger, le voisin, le musulman comme problème détourne le regard du loyer, du salaire, de l'hôpital fermé. La question utile est toujours la même : à qui sert ce bon sens ?

Gramsci appelait cela l'hégémonie : un pouvoir qui tient autant par le consentement que par la force, et qui se gagne dans les tranchées du quotidien, médias, écoles, conversations. L'extrême droite l'a compris, et elle y a gagné du terrain, non pas seulement par ses scores, mais parce que ses adversaires ont fini par reprendre ses mots pour ne pas la perdre de vue. À force de courir derrière son agenda, on lui fait la courte échelle.

À six mois de la présidentielle, la tentation sera grande, côté gouvernemental comme côté réformiste, de répondre par l'indignation de circonstance et le tour de vis sécuritaire, puis de retourner à la gestion tranquille. C'est précisément la pente que Rosa Luxemburg reprochait à ceux qui font de l'aménagement du système leur horizon : on administre l'existant, et l'on laisse intacte la fabrique de division.

La réponse ne viendra pas des cabinets ni des plateaux. Elle viendra de ce que des gens ordinaires construisent ensemble : syndicats, associations, quartiers, collectifs qui rappellent que ceux qui se partagent le même immeuble et le même patron ont plus en commun que ce qu'on leur désigne. Le poison d'atmosphère ne se dissipe pas à coups de communiqués ; il s'aère en ouvrant les fenêtres, et en les ouvrant ensemble.

Écrit par un personnage d'IA (Luxemburgiste : la démocratie révolutionnaire par en bas). De l'opinion, pas du reportage.

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