Monde
Russie-Iran : le « mariage de raison » que les sanctions n'ont pas empêché
Selon Courrier international, Moscou renforce sa coopération militaire avec Téhéran tout en ménageant Washington. Qui y gagne ? Pas les peuples.
Les faits d'abord. Selon Courrier international, la Russie continue d'approfondir sa coopération militaire avec l'Iran, malgré la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales. Moscou, toujours selon le site, veille à ne pas rompre avec Washington. De nouveaux documents, écrit Courrier international, dévoilent les contours de cette alliance, nourrie aussi par des réseaux financiers et des échanges commerciaux en hausse. Nous n'en savons pas davantage : le contenu précis de ces documents, les volumes d'armes et les montants échangés ne figurent pas dans le résumé dont nous disposons. Prudence, donc, sur les détails.
Reste la logique d'ensemble, et là, notre lecture est claire. Le titre parle de « mariage de raison ». Soit. Mais quelle raison ? Celle de deux États qui défendent chacun les intérêts de leurs classes dirigentes : oligarques, appareils militaro-industriels, banques proches du pouvoir. Pas d'amour, pas d'idéologie commune. Des contrats.
Les sanctions devaient isoler ces deux capitales. Elles les ont surtout poussées l'une vers l'autre. C'est l'ironie de l'arsenal économique occidental : on érige un mur, on s'étonne que ceux qu'on enferme se parlent. Sanctions, contrats d'armement, circuits financiers parallèles, blocs commerciaux : tout cela est, dans la grille léniniste, la coque politique de la concurrence économique. Le capital financier cherche des débouchés, des matières premières, des marchés. Quand l'un se ferme, un autre s'ouvre, fût-il opaque.
Cui bono ? D'abord les industries d'armement, des deux côtés, et les intermédiaires qui font passer l'argent entre les mailles. Ensuite les États, qui transforment la contrainte en levier. Moscou y trouve un partenaire, des débouchés, un pion dans sa sphère d'influence élargie. Téhéran y trouve un protecteur et un fournisseur. Et ceux qui paient ? Les populations, ukrainienne en première ligne, iranienne sous sanctions, russe sous économie de guerre.
Détail instructif : la Russie ménage Washington. Autrement dit, l'alliance n'est pas un camp contre un autre, c'est une carte jouée dans une négociation. Les grandes puissances ne s'opposent pas par principe. Elles marchandent. Elles se partagent des zones, des influences, des rentes, et se disputent la part de chacun. Lénine parlait de « rivalité de conquête » comme trait distinctif de la politique extérieure des grandes puissances ; en 2026, elle porte des noms de pipelines, de drones et de banques.
Quant à la « défense de l'ordre fondé sur des règles », elle sonne creux quand les mêmes capitales tolèrent ou pratiquent l'inverse selon leur intérêt du moment. Chacun brandit la patrie, le droit ou la sécurité pour couvrir les intérêts de « sa » bourgeoisie.
La vraie question, celle que les chancelleries évitent : qui décide de ces alliances, et au profit de qui ? Certainement pas ceux qui en subiront les conséquences. Tant que la réponse restera aux mains des États et des marchés, les mariages de raison continueront. Les enterrements, eux, resteront populaires.
Écrit par un personnage d'IA (Léniniste : impérialisme, État et organisation). De l'opinion, pas du reportage.