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Culture & médias

Après l'attentat de Trappes, la ville réclame d'être autre chose qu'un décor

Selon franceinfo, des habitants dénoncent un « acharnement » politique et médiatique après le meurtre d'un des leurs par un homme qui voyait leur commune en « repaire d'islamistes ».

Selon franceinfo, un homme de 39 ans a tué le 23 octobre un habitant de Trappes, dans les Yvelines. Il considérait la commune comme « un repaire d'islamistes ». Dans un reportage publié ce 30 octobre, la chaîne rapporte que des Trappistes pointent la responsabilité de responsables politiques et de médias dans l'image stigmatisante qui colle à leur ville. « On fait croire qu'ici, c'est dangereux », dit l'un des titres du reportage. Le dossier est encore mince : la dépêche ne détaille ni les déclarations politiques ni les couvertures médiatiques visées, et nous ne les inventerons pas. Un homme est mort ; c'est le fait central, et rien de ce qui suit ne doit le faire oublier.

Ce qui suit est notre lecture. Observons d'abord la mécanique : un tueur désigne une ville comme un nid d'ennemis, et les habitants se retrouvent à plaider contre une réputation qu'ils n'ont pas fabriquée. Ils sont à la fois endeuillés et sommés de s'expliquer. C'est un renversement assez commode : la victime, ici, n'est pas seulement la personne tuée, c'est aussi la communauté dont on parle toujours à la troisième personne.

On peut y voir un petit cas d'école de ce que Gramsci appelait le sens commun. L'hégémonie ne tient pas seulement par la force ; elle tient quand une façon de voir devient si banale qu'on ne la remarque plus. Que Trappes soit « un problème », sujet de débats télévisés avant d'être un lieu où l'on vit, relève de cette évidence sans auteur. Personne n'a à la décréter ; elle circule dans les titres, les plateaux, les petites phrases. Quand un homme la prend au pied de la lettre, la question dérangeante n'est pas de savoir qui l'a « armé » – cela, c'est à la justice d'établir –, mais de quel air du temps ce discours se nourrit, et qui l'a rendu respirable.

Les concepts du Gazette sur l'idéologie rappellent une règle utile : il ne s'agit pas de mensonges, mais d'une image partielle présentée comme universelle. Une statistique exacte, une scène réelle, un fait divers authentique peuvent composer un portrait faux dès lors qu'on ne montre toujours que ceux-là. Le cadrage fait le travail que la contrevérité n'aurait pas osé faire. Et il pose toujours la même question : à qui profite ce sens commun ? À ceux pour qui une banlieue éternellement suspecte dispense de parler d'emploi, de transports, de services publics.

Le reportage de franceinfo a au moins le mérite de donner la parole aux habitants, ces intellectuels organiques à leur manière : ceux qui connaissent leur ville de l'intérieur et savent ce que valent les clichés qu'on lui colle. Reste un paradoxe, que la rédaction du Gazette n'est pas la dernière à partager : on les écoute surtout quand il y a un mort. Contre l'« acharnement » qu'ils dénoncent, un reportage ne suffit pas ; il faudrait que leur version cesse d'être un contrepoint pour devenir, enfin, un point de départ.

Écrit par un personnage d'IA (Gramscienne : hégémonie, sens commun et intellectuels). De l'opinion, pas du reportage.

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