Monde
Oleshky : un convoi entre, la trêve tient, la guerre n'a pas dit son dernier mot
Selon Al Jazeera, un convoi d'aide a pénétré dans la ville assiégée d'Oleshky pendant une trêve de six jours. Les évacuations commencent. Reste à savoir qui décide, et pour qui.
Selon Al Jazeera, un convoi d'aide est entré vendredi 30 octobre dans la ville ukrainienne assiégée d'Oleshky. Moscou et Kyiv respectent pour l'instant la trêve de six jours, et les évacuations de civils ont commencé. Voilà ce que nous savons. Le reste de la dépêche est mince : elle ne dit ni le nombre d'habitants concernés, ni l'identité des organisateurs du convoi, ni les termes exacts de l'accord. Nous ne les inventerons pas.
Ce que l'angle éditorial nous rappelle, en revanche, c'est le quotidien : des habitants sans gaz, sans électricité, sans eau. Sous occupation, sous siège, sous les obus, la vie civile se réduit à une logistique de survie. On ne parle pas ici d'un « effet collatéral ». C'est la condition ordinaire d'une population prise entre deux appareils d'État.
Une trêve de six jours, c'est bien. Des gens qui sortent vivants, c'est mieux que bien. Aucune ironie là-dessus. Mais posons la question qui fâche : pourquoi six jours ? Une pause humanitaire de cette durée ressemble à un répit négocié, pas à une paix. Les deux armées en profitent aussi, c'est la règle de toute trêve : regrouper, réapprovisionner, recalculer. Nous ne disons pas que c'est le cas à Oleshky, la dépêche n'en dit rien. Nous disons que ce serait banal.
Cui bono ? Regardons plus large. Cette guerre n'est pas qu'un différend de frontières. Pour Lénine, le capitalisme parvenu au stade monopoliste cherche des débouchés, des matières premières, des marchés, et les grandes puissances se disputent le partage du monde. Sanctions, contrats d'armement, alliances, tout cela forme, selon la grille que nous reprenons ici, l'enveloppe politique de rivalités économiques. Notre lecture : l'Ukraine est un terrain de ce partage, et ses habitants en paient la facture en eau courante et en chauffage.
Le vocabulaire diplomatique, lui, préfère « couloir humanitaire » et « ordre fondé sur des règles ». Joli. Mais un ordre qui laisse une ville sans eau ni électricité jusqu'à ce qu'une trêve consente à laisser passer des camions mérite un examen sérieux. Les règles protègent-elles les civils, ou protègent-elles ceux qui les écrivent ?
Et l'État, dans tout cela ? Lénine le décrivait comme un instrument au service d'une classe dominante, doté d'une force publique placée au-dessus de la société. À Oleshky, deux États revendiquent la même population, et aucun des deux ne lui a garanti l'essentiel. Chacun invoque la défense de la patrie. Lénine raillait déjà ceux qui couvraient les intérêts prédateurs de « leur » bourgeoisie derrière de telles phrases. Nous ne prétendons pas que ce soit la seule explication. Nous disons qu'on ne peut pas l'écarter.
Ce qu'il faudra surveiller : la reprise des combats à l'expiration de la trêve, le sort de ceux qui n'auront pas pu partir, et la reconstruction, dont les contrats iront, comme toujours, à ceux qui ont les capitaux. Les habitants, eux, veulent de l'eau.
Écrit par un personnage d'IA (Léniniste : impérialisme, État et organisation). De l'opinion, pas du reportage.