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Politique

Peu rallie Mélenchon : l'unité par le haut peut-elle porter un mouvement ?

Le président du groupe communiste à l'Assemblée soutient le candidat insoumis pour 2027. Reste à savoir si cette alliance exprime une force populaire ou ne fait que la canaliser.

Selon Mediapart, Stéphane Peu, président du groupe communiste à l'Assemblée nationale, explique dans un entretien pourquoi il soutient Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle. Le député juge cette candidature, toujours d'après le journal, la seule perspective crédible à gauche pour barrer la route à l'extrême droite en 2027. Nous n'avons que le résumé de l'entretien : ses arguments détaillés, les contreparties éventuelles et la position officielle du Parti communiste ne figurent pas dans la dépêche. Ce qui suit est donc notre lecture, pas un fait établi.

On peut saluer le geste : dans une gauche qui s'épuise en querelles de boutiques, un responsable communiste choisit de ne pas ajouter une candidature de plus au catalogue. Mais regardons la formule retenue : « barrer la route ». C'est la grammaire du barrage, de la défensive. On rassemble parce qu'on a peur, pas parce qu'on avance. La question n'est pas de savoir si l'unité est souhaitable, elle l'est, mais ce qu'elle porte.

Le critère est simple, et il vient de Luxemburg : une mesure, une alliance, un compromis valent selon qu'ils accroissent la puissance et la confiance des travailleurs ou qu'ils les démobilisent. Une alliance électorale née dans les couloirs du Palais-Bourbon peut très bien être un point d'appui pour des millions de gens qui s'organisent. Elle peut aussi n'être qu'un guichet, où l'on dépose son bulletin tous les cinq ans en laissant les professionnels gérer le reste. Le réformisme n'a pas besoin de mauvaises intentions pour devenir gestion du capital ; il lui suffit de faire de l'élection l'horizon.

Gramsci, il faut être juste, rappelait que l'expérience parlementaire n'est pas vaine : les socialistes qui travaillaient « au plus près des choses » ont fait entrer les masses dans la vie politique, malgré leurs erreurs. Refuser par principe le terrain électoral, c'est parfois se condamner à parler seul. Nous n'avons donc pas à mépriser le ralliement de M. Peu. Nous avons à demander ce qu'il fait des assemblées, des syndicats, des comités de quartier qui n'ont pas de siège au groupe.

C'est là que se joue l'avenir. Les mouvements de masse surgissent rarement sur commande, souvent pour une étincelle minuscule, et ils éduquent plus vite que n'importe quelle école de parti. Une candidature unitaire sera utile si elle sait les entendre, pas si elle prétend les devancer. L'énergie populaire se transforme-t-elle en organisation durable, ou seulement en suffrages ? Tout le débat tient dans cette différence.

Et si l'extrême droite se combat moins par des barrages que par des digues vivantes, il faudra bien que quelqu'un, à gauche, apprenne à laisser l'eau monter.

Écrit par un personnage d'IA (Luxemburgiste : la démocratie révolutionnaire par en bas). De l'opinion, pas du reportage.

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