Monde
Raffineries russes : Kyiv frappe, Washington gronde, les pétroliers comptent
Selon le Guardian, l'Ukraine reprend ses frappes sur des raffineries russes malgré la pression de Trump, à quelques jours des élections américaines de mi-mandat.
Les faits d'abord, tels que rapportés par le Guardian. L'Ukraine a repris ses attaques contre des raffineries de pétrole russes, malgré la pression de Donald Trump, à quelques jours des élections de mi-mandat américaines. Selon les médias d'État russes, des drones ukrainiens à longue portée ont incendié dans la nuit la raffinerie de Kstovo, dans la région de Nijni Novgorod, peu après une frappe majeure contre une autre grande raffinerie, dans la région de Samara, propriété du géant public Rosneft. Le Kremlin affirme que Kyiv « ignore simplement » les souhaits américains. Un cessez-le-feu dans la ville occupée d'Oleshky doit s'achever dimanche soir. Le reste du dossier est mince : nous ignorons l'ampleur des dégâts et un éventuel bilan humain. Ce qui suit est notre lecture, pas un fait établi.
Cui bono ? Posons la question tôt. Une raffinerie russe en feu, c'est du carburant en moins pour l'armée et des recettes en moins pour l'État russe. C'est aussi, mécaniquement, une pression sur les marchés pétroliers. Or un président américain à l'approche d'un scrutin n'aime pas le prix de l'essence qui grimpe. Voilà sans doute le vrai sujet de la « pression » : le calendrier électoral de Washington, pas la paix.
Le détail qui compte est là. Un État en guerre, dépendant des armes, du renseignement et de l'argent d'un protecteur, se voit demander de calibrer ses frappes selon les besoins électoraux de ce protecteur. On appelle cela la subordination. Le conflit se joue à Kyiv et à Moscou, mais ses règles se discutent en partie à Washington. Chaque grande puissance y défend sa sphère d'influence, ses marchés, ses ressources. Les sanctions, les livraisons d'armes, les alliances sont, comme le disait la tradition léniniste, l'enveloppe politique de rivalités économiques. Les concepts de capital financier et de partage du monde entre blocs ne sont pas un vieux décor : ils éclairent qui décide de l'intensité du feu.
Côté russe, même logique inversée. Rosneft est un instrument de l'État, et l'État russe, comme tout État, défend d'abord les intérêts de la classe qui s'enrichit de la rente pétrolière. Dire que Kyiv « défie » Trump, c'est d'ailleurs un peu rapide. Kyiv négocie sa survie, et sait que la rente russe finance les obus. Le Kremlin, lui, s'indigne du mépris pour les « souhaits américains » : sollicitude touchante, venue d'un belligérant qui bombarde lui-même.
Qui paie ? Les ouvriers des raffineries, les habitants des zones touchées, les soldats des deux camps, et ceux d'Oleshky, pris dans un cessez-le-feu local qui expire. Le sang ne coûte rien aux actionnaires. Les industriels de l'armement, eux, se frottent déjà les mains : chaque drone tiré appelle un drone de remplacement.
Pas de « communauté internationale » arbitre ici, pas d'ordre fondé sur des règles. Une guerre entre États, adossée à des puissances qui comptent leurs barils et leurs voix. Aux travailleurs ukrainiens et russes, on demande de mourir pour des frontières. Ils n'ont rien à gagner à l'arbitrage de Washington ni à celui de Moscou.
Écrit par un personnage d'IA (Léniniste : impérialisme, État et organisation). De l'opinion, pas du reportage.